Présentation

L’Observatoire Agricole de la Biodiversité (OAB) est une initiative du Ministère en charge de l’Agriculture, dont la coordination scientifique est confiée au Muséum national d’Histoire naturelle en partenariat avec l’Université de Rennes 1 et un laboratoire du CNRS, le LADYSS. L’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture intervient en appui pour l’animation nationale.

Paysage agricole

© Simonwedge, devianart

Le principe de l'OAB

Le principe de l'OAB est de proposer des protocoles d’observation de la biodiversité ordinaire aux agriculteurs intéressés, en vue de mieux connaître la biodiversité ordinaire en milieu agricole.

 

L’Observatoire Agricole de la Biodiversité est piloté par le Ministère en charge de l'Agriculture, dans le cadre de son engagement dans la Stratégie nationale pour la Biodiversité. Ce projet a démarré en 2009 pour répondre à un manque avéré d’indicateurs de suivi de l’état de la biodiversité en milieu agricole, en lien avec les pratiques, que les acteurs du développement, les décideurs et les partenaires de la recherche attendaient pour qualifier le lien entre pratiques agricoles et biodiversité. Une phase de test en 2010 a permis aux scientifiques de co-construire les protocoles d’observation avec des agriculteurs volontaires.

 

Quatre protocoles sont actuellement proposés concernant des taxons choisis pour leur lien avec l’agriculture, comme le montre le tableau explicatif ci-dessous :

 

Protocole(s) Thematiques agricoles associées
"Nichoirs pour abeilles solitaires"
"Transects papillons"
Pollinisation
Etat d'un milieu à l'échelle du paysage
"Placettes vers de terre" Fertilité des sols
"Plaques invertébrés terrestres", dont les mollusques et les carabes Lutte contre les ravageurs

 

- La pollinisation est abordée à travers les protocoles « abeilles solitaires » et « papillons », également indicateurs de l’état d’un milieu à l’échelle du paysage.
- La problématique de la fertilité des sols est concernée par le protocole « vers de terre » ; 
- et la question de la lutte contre les ravageurs par celui des « invertébrés terrestres », dont les limaces et les carabes.

Papillon gaze

© RLPreudHomme

Les objectifs

Mieux connaître la biodiversité ordinaire en milieu agricole, son évolution et ses liens avec les pratiques culturales


L’OAB est le premier projet national qui implique des agriculteurs dans l'observation et la création de références sur la biodiversité en milieu agricole. En étant des acteurs majeurs de la préservation et de la restauration de la biodiversité, les agriculteurs participent à la durabilité des systèmes agricoles. Ce projet permet de favoriser et d’accompagner le changement volontaire des exploitations engagées dans le dispositif, vers une plus grande prise en compte de la biodiversité.

 

L’observatoire a pour vocation de :


- Renseigner une base de données scientifique permettant notamment de tracer les tendances globales à long terme, d’évolution de la biodiversité ordinaire en milieu agricole.
- Sensibiliser et accompagner les acteurs impliqués.

Les objectifs de l'OAB

© MNHN

Qui observe ?

• Le réseau d'agriculteurs volontaires


Les agriculteurs eux-mêmes peuvent mesurer les effets des pratiques agricoles et de ses changements sur la biodiversité. En plaçant l'agriculteur au centre du dispositif d'observation, ce projet vise à mobiliser sur le long terme les acteurs du monde agricole volontaires, notamment par le biais de l’animation des territoires par les chambres d'agriculture et d’autres réseaux locaux. Les agriculteurs volontaires aujourd'hui impliqués dans le projet sont pour la plupart dans une démarche de changement et intéressés par l'effet de leurs actions sur la biodiversité.

 

Après une phase de test qui a mobilisé 80 agriculteurs en 2010, environ 400 participants se sont impliqués en 2011. De nouveaux groupes rejoignent le réseau en 2012 renforçant ainsi la représentativité géographique et agricole de l’observatoire.
 

• Un réseau complémentaire de sites fixes 


En parallèle du réseau d’observateurs volontaires, un réseau de sites fixes est en réflexion. Les exploitations concernées (exploitations de lycées agricoles, stations expérimentales d'instituts techniques, de coopératives, de centres de recherche, de chambre d’agriculture...) ont de multiples vocations, en dehors de la fonction de production, et un caractère d'expérimentation avéré.

 

Ce réseau est amené à fournir des données agricoles approfondies et à établir des références plus pointues entre observations de biodiversité et changement de pratiques agricoles ou mise en place d'aménagements. Au-delà de l’acquisition de références sur les quatre protocoles déjà proposés, le réseau des sites fixes testera de nouveaux protocoles d'observation (flore, coléoptères de bords de champ...) et pourra jouer un rôle dans la mobilisation pour le transfert et la démonstration auprès des autres acteurs du territoire.

QUELLE UTILISATION DES DONNEES ?

L’observatoire s’appuie sur l’expérience des programmes de sciences participatives portés par le Muséum national d’Histoire naturelle et s’inscrit comme une composante du programme Vigie-Nature, qui consiste à suivre les espèces communes (faune et flore) à l’échelle nationale, grâce à des réseaux d’observateurs volontaires. Ce programme repose sur l’idée que des liens étroits entre les citoyens et la recherche sont particulièrement pertinents dans le cas de la biodiversité : tout le monde peut contribuer à la collecte de données, permettant ainsi :

 

- une approche scientifique à grande échelle
- une amélioration des savoirs des participants concernant la vie sauvage
- une meilleure compréhension des questions de recherche contemporaine.

 

L’ensemble des données récoltées dans le cadre de l’OAB fournit des éléments pour approfondir les connaissances sur la biodiversité des milieux agricoles, pour mieux comprendre son évolution au cours du temps et les relations qu’elle peut avoir avec les pratiques agricoles. Les résultats et les enseignements issus de la mise en commun de ces observations permettront d’établir des références et des tendances à une échelle globale.

 

Après le tri des données, des analyses statistiques sont réalisées par les scientifiques du Muséum national d'Histoire Naturelle et de l’Université de Rennes 1 pour tester des corrélations entre les données naturalistes récoltées et les informations complémentaires demandées. Ainsi, les différents facteurs pouvant expliquer les résultats sont pris en compte : les conditions d’observation (dates, météo…), le paysage ou les pratiques culturales.

 

Les protocoles sont simples et les informations demandées sur les feuilles de terrain sont réduites, mais ceci est compensé par la mise en commun des nombreuses données standardisées, ce qui assure une solidité aux résultats globaux.

 

La standardisation des observations selon des protocoles précis et un nombre important d’observations réparties dans toute la France sont donc les points clés de la réussite de l’observatoire, de sa pérennité et de la solidité des résultats qui en sont issus. La multiplicité des réseaux agricoles impliqués dans le projet permettra d'atteindre cet objectif.

 

Les données récoltées resteront confidentielles. Elles ne seront pas divulguées à un organisme tiers et seront exclusivement utilisées dans le but de créer des informations agrégées au niveau national ou régional. Chaque agriculteur peut néanmoins éditer un rapport personnel et les animateurs régionaux ont la possibilité de consulter les résultats d’observation de leur groupe.

Pour aller plus loin...

Téléchargez la plaquette de présentation de l'observatoire :

 

Flyer OAB pour visualisation

Flyer OAB pour impression

 

Téléchargez les affiches de présentation de l'observatoire :

 

Posters explicatifs 

 

Téléchargez les synthèses 2009 et 2010 :

 

2009 :

 

Elaboration d'un jeu d'indicateurs pour suivre la biodiversité en lien avec l'évolution de l'agriculture

 

2010 :

 

Etude de faisabilité pour la mise en place de l'observatoire