La nidification

Apprenez-en plus sur la nidification des abeilles solitaires ! Moins connues que l'abeille domestique, elles sont pourtant beaucoup plus nombreuses. En effet, il existe près de 1000 espèces d’abeilles en France et l’abeille domestique (Apis mellifera), est une seule de ces espèces, toutes les autres sont sauvages. Parmi les abeilles sauvages, environ 20 % vivent en colonie avec une reine et des ouvrières (dont les bourdons) et la majorité (80 %) sont solitaires.

Mégachile dans nichoir

© RLPreudHomme

Où trouver des nids ?

Le mode de nidification est très variable chez les abeilles et dépend des espèces : certaines abeilles ont des nids libres entièrement construits par la femelle. D’autres espèces établissent leurs nids dans des cavités ; soit creusées par la femelle à même le sol ou le bois, soit dans des cavités préexistantes.

 

Parmi les espèces utilisant des cavités préexistantes, certaines vont plutôt préférer des trous dans le bois, d’autres dans le sol ou encore dans la roche. Il existe aussi des abeilles inféodées aux coquilles d’escargots vides, aux tiges creuses (roseau, ombellifères, etc.) ou encore aux tiges à moelle (ronce, sureau, etc.).

Des cavités artificielles comme les trous d’aération des fenêtres ou bien les nichoirs posés à leur intention (comme dans le protocole proposé) sont également colonisées.

 

Il existe des abeilles-coucou qui ont un comportement similaire à l’oiseau du même nom. Elles pondent dans les cellules construites par d’autres espèces. Leurs larves se développent alors aux dépens de celles pour lesquelles la nourriture a été stockée.

Comment sont-ils construits ?

Chez les abeilles solitaires (excepté chez les espèces « coucou »), chaque femelle bâtit son propre nid et assure l’approvisionnement en nourriture des futures larves. Les nids sont constitués d’une ou de plusieurs cellules (ou loges) selon les espèces et les opportunités. Dans chaque loge, un œuf est déposé avec un stock de nourriture (pollen et parfois nectar).

La femelle construit son nid en commençant par un bouchon initial au fond de la cavité et le finit par un bouchon terminal. Elle va utiliser un matériau précis pour édifier les loges et les bouchons. Ces-derniers peuvent même être très complexes avec plusieurs couches différentes.

Loges construites dans une cavité

© RLPreudHomme

Selon les espèces, le nombre de générations par an varie.

Chez Osmia rufa, l’accouplement et la ponte ont lieu au début du printemps. Le développement des larves s’étale sur le printemps et l’été jusqu’au stade adulte, qui reste en diapause dans les cocons tout l’automne et l’hiver. L’envol des adultes se fait au printemps suivant.

 

Au moment de la ponte, la femelle a la possibilité de choisir le sexe de ses descendants. Les œufs pondus dans les cellules les plus proches de la sortie sont des œufs non fécondés et donneront des mâles. Ceux du fond sont fécondés et donneront des femelles. Ainsi les mâles émergent avant les femelles.